C'est donc le film censé secouer la Croisette. En lice pour la Palme d’or au Festival de Cannes, «Titane» est un film de genre signé Julia Ducournau (remarquée avec «Grave»), typique d'un cinéma radical et abrasif, sans concessions ni règles, sans cohérence ni logique scénaristique.

À mi-chemin entre Gaspard Noé et David Cronenberg, «Titane» se joue des codes imposés pour proposer une lecture plurielle à partir d'un thriller cauchemardesque, volontairement opaque et confus, violent et sanguinolent où les thématiques de l'identité, du genre, de la sexualité, de la natalité et de la filiation sont brassées autour d'une énigme horrifique.

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Il y est question d'une serial-killeuse totalement barrée (Agathe Rousselle) qui, après une disparition prolongée, rejoint son père (Vincent Lindon) en se faisant passer pour... un fils !

Rien à vraiment comprendre - et l'essentiel n'est pas là. Il tient plutôt au talent de la cinéaste à installer une véritable atmosphère, un langage cinématographique qui lui est propre, bref, une «patte» personnelle et puissamment clivante, violente et très noire qui laissera beaucoup de spectateurs à quai. Tandis que d'autres souffriront en silence (et sans déplaisir).

«Titane» s'apparente à un cinéma expérimental - et forcément marginal - qui repousse les limites de la structure narrative en se concentrant sur une mise en scène millimétrée et hallucinogène. Un trip (un «joint», dirait Spike Lee) qui devrait enthousiasmer Mylène Farmer, membre du jury et assurément familière de l'univers atypique et extrême créé par Julia Ducournau.